Bâtiment du New York Times, Times square

New York au réveil

17 août, New York. 6 a.m.

 

La lumière entre dans la chambre. Il fait très chaud. J’hésite entre me lever au bout de six petites heures de sommeil ou dormir encore jusqu’à ce que New York soit complètement réveillée. Je pense à notre arrivée ici, à la première impression que donne cette ville. J’ai la sensation que partout, dans chaque passager de métro, le rêve, ou plutôt la désillusion américaine, habite les corps. Les premières images que donne New York sont celles du black, de l’Afro-Américain qui tente de s’affirmer en mâle dominant, qui prend sa place dans la société et qui, jusqu’au bout, la tient ; celle de la blanche, en minijupe et talons, sans maquillage, qui se montre forte et qui, certainement, l’est ; celle du jeune artiste qui chante à tue-tête et ramasse quelques dollars souterrains ; celle de l’étudiant, qui pose partout son regard, et qui expose de lui un léger frisson ; celle de la noire imposante qui a le sourire moqueur et l’allure nonchalante. La première image est celle d’un monde très libre et à la fois enchaîné à ses illusions perdues. La grosse pomme ressemble d’abord à cette grosse Afro-Américaine qui vous encaisse l’œil rieur et le pas lourd, avec son attitude sans contrainte, sa capacité retenue à exploser et, devant elle, la limite de la machine avec laquelle elle doit travailler.

 

18 août, New York.

 

Nous faisons au mieux pour visiter New York dans tous ses recoins. Deux jours que nous sommes là, plus de vingt heures de marche, une dizaine de muffins (nous prenons ceux du petit-déjeuner de l’hostel où les gens font en permanence la gueule pour occuper notre ventre la journée durant), un torticolis à force de s’émerveiller de la hauteur de cette ville. Les cireurs de chaussures retiennent mon attention, les camions de pompier, le pont de Brooklyn me laisse rêveuse devant tant de fer, de force, d’architecture. La bibliothèque centrale est une merveille classique. New York a quelque chose de fabuleux : c’est une ville dinosauresque, un dinosaure de modernité.