Terrasse d'Abelardo, 17e étage du Palacio Salvo, Montevideo

L’homme qui habitait au 17e étage de Montevideo

Après avoir raté le bus de 11 h pour Montevideo (mince le décalage horaire) et s’être fait regardé de travers pendant que nous dégustions miel et dulce de leche dans le salon rustique (mince le check out), Loïc a réussi a courir après un bus (c’est une image) qui partait pour Montevideo, service réservé a ceux qui des embarquaient du bateau venant de Buenos Aires. Maman met son chapeau avec élastique, papa enlève ses chaussettes. A 14 heures environ, nous sommes a Montevideo. La capitale n’a rien d’extraordinaire, son marché donne envie de manger, ses rues bruyantes d aller a la plage, sa plage marron de se laver. Nous dormons dans un dortoir pour 8 personnes. Ambiance sympa et dernier repas ensemble mémorable, puisqu’en allant chercher a manger (n espérez pas trouver de la vie ni des restau après 21 heures dans le vieux Montevideo) les parents tombent sur un vieil homme qui leur conseille une bouteille de vin, et leur propose sans attendre de venir chez lui. Ce monsieur vit en fait au 17e étage de l’édifice le plus célèbre de la ville, une prouesse architecturale peuplée de balcons vertigineux. Nous entrons les yeux écarquillés chez lui, l’endroit le plus étrange au monde, la caverne d’Ali Baba, à moins que ce ne soit le trou dans lequel tombe Alice, par une pièce ou nous ne marchons qu’a conditions de faire tomber de la vaisselle, des livres poussiéreux, toutes sortes de bibelots improbables qui sont en fait de véritables trésors. Il n’y a pas de lumière (peut être la laisse t il volontairement éteinte, sa femme malade est dans la pièce a cote), et nous accédons a la terrasse après notre parcours du combattant. La vue est belle, sur le port, la plaza independencia a nos pieds, mais c’est cette pièce mystérieuse perchée au-dessus de Montevideo qui est la plus fascinante. Abelardo nous parle d’histoire, est prêt, je le sens, a tout nous raconter, mais Reinetta, en petite reine, nous jette dehors, aussi discrètement qu’elle le peut. Elle appartient a la noblesse sicilienne, et ne le cache pas, bien que son sourire s’essaie tant bien que mal a montrer de la considération envers les petites gens… Nous reprenons l’ascenseur, écourtant la rencontre.

De retour a l’hostel nous cuisinons (papa surtout bien évidemment) et invitons Gabin, le Canadien qui travaille ici depuis 1 mois et demi, a notre table. Gabin invite a son tour Max, le brésilien qui est en Uruguay depuis 8 mois. Nous partageons, après les spaghettis bolo le vin et les bières, le gâteau a la confiture de lait choisi par Loic, et les deux nous demandent quelle est l’occasion. On leur fait croire que c’est toujours comme ça, qu’en France les gens font la fête sans raison – alors que c’est seulement chez les fifis.

 

Le séjour en Uruguay se termine pour nous, et nous abandonnons les parents a Montevideo. Notre bus part a 20 heures. Au menu des lasagnes et un sandwich-croissant. Heureusement, nous avons déjà traversé la frontière brésilienne avec eux, a Iguazu, car ce bus est le premier que nous prenons qui ne nous dépose pas faire nos tampons, et qui se charge de tous. Moi qui aime voir les frontières, je ne verrais donc rien. Je resterais sur celle que nous avons passée en Iguazu, blanche, propre, proche d’un lieu de panneaux publicitaires, et mal organisée.