Accueillis par nos parents le 16 août 2010 à la gare de Marseille

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16 août, Paris/Marseille.

 

13 : 01. Directement sortis de l’aéroport Charles-de-Gaulle après avoir décidé de prendre un vol Londres Paris, nous prenons le premier TGV pour Marseille. Les gouttes si rondes courent sur la vitre. Le train ne fait pas de bruit : nous redécouvrons le plaisir du TGV. C’est un autre monde, la France qui nous reprend dans ses bras.

 

Nous empruntons un téléphone pour prévenir nos familles à de jeunes Français, très sympathiques. C’est étrange de porter un regard nouveau sur la France. De voyager en France — de coudre ensemble des imprévus. Je suis d’abord choquée par notre sortie de l’aéroport. La balance des couleurs me fait réaliser que l’idée selon laquelle la France est blanche et fausse. Je suis fière d’habiter un pays cosmopolite, un peu déçue pourtant que le mélange prenne parfois des aspects menaçants. L’aéroport est l’un des moins efficaces que nous ayons vus. Il semble très vieux, pas très bien organisé : la France est archaïque, noire, et confortable. Je suis réellement impressionnée par la vitesse du TGV, sa netteté, par la vision de la campagne jaune et verte sous la pluie. Je m’apprête à découvrir mon pays.

 

15 : 05. Le TGV s’infiltre silencieusement dans l’air. Un petit garçon, Fabio, anime le wagon « PETER PAN ! ». Ses parents lui signifient de baisser le volume par des « schhhhh » attendrissants. Ils sont gênés par tant de vie entre leurs mains. Nous entrons en Gare de Lyon. La vue me paraît belle, bien que la pluie lui donne des airs un peu sinistres. Les maisons sont tristement plates et uniformes. Les immeubles n’ont rien du profil « riche ». La nature est propre, vaste, verte. La gare est très belle, comme l’architecture que l’on devine être celle du centre-ville. Le train est arrêté et, sous mes fenêtres, un groupe d’adolescents attend pour envahir le train (ils sont très nombreux, bruyants, pleins de valises : « allez ! allez ! ALLEZ ! Karim ! On se dépêche ! » Je ne pensais pas un jour ressentir la France aussi différemment. Je la regarde comme une étrangère qui se sent quelques affinités avec un pays qui lui ressemble. Je la trouve vivante et tempérée. Chaleureuse et anonyme. C’est comme une première impression de la France. « La fée elle voudrait sa baguette magique ! ! » « Shhhhhh… »

 

« Ladies and gentleman, we are arriving at… »

« Quecidit lui ? »

« I parle anglais »

« Pourquoi anglais ? »

« Pour que tous les étrangers y comprennent l’anglais »

« Moi je ne comprends pas l’anglais »

« Mais tié pas étranger toi »

« Ben si tu vas à l’étranger t’es étranger »

« Ah ouais. »

« pâaa, elle est méchante la gare d’Aix »

« Oui c’est vrai qu’elle est jolie »

 

Le petit groupe derrière nous a deux personnages principaux : le basané qui parle fort et le petit brun bien éduqué. En tout cas, ils sont drôles. Et les paysages aixois, découpés dans le bleu du ciel, sont beaux.