Le "Bund", Shangai

Le Paris chinois

17 juillet, Shanghai.

 

Shanghai est belle, mais manque de « grandeur ». Beaucoup de gratte-ciel, de ponts, mais elle n’impressionne pas. Après avoir contemplé beaucoup de skyline modernes, le « bund » de Shanghai me paraît petit, et triste. Shanghai a quelque chose de différent. Du linge qui pend à toutes les façades, des immeubles de moins de trois étages, des toits de tuiles qui s’écroulent quand un toit de verre avec piscine se construit 1000 mètres plus hauts… Des boulangeries délicieuses, des joueurs de cartes, dominos et autres à chaque coin de rue. On trouve à Shanghai l’image de la Chine exportée : passages piétons encombrés, vitesse, écrans géants aux abords de la gare, publicités colorées, avenue à douze voies et pont futuristes… Les touristes ici sont assez nombreux pour monter l’armée la plus puissante au monde. Dans le quartier magnifiquement restauré de Shanghai, ils se pressent pour passer sur le pont qui finira par s’écouler… L’architecture des maisons traditionnelles, bois acajou et toits bouclés, est superbe. L’agencement des parcs, digne du plus fin penseur de la nature reconstituée. Les gratte-ciel modernes croisent une architecture coloniale qui pimente l’envie de futur. Shanghai est jolie, pensée, agréable. Elle manque de charisme, si elle a de la personnalité. Trop de touristes sur ses quais et ses vieux quartiers. Trop de gens à la gare et au passage piéton. Impossible de trouver des places pour Xi An ou Pékin. Nous achetons des places debout pour le 19, pour Pékin. Ça, on ne l’avait encore jamais fait.

 

18 juillet, Shanghai.

 

Shanghai de nuit est une vraie baffe ! Elle se transforme comme une fille fade se maquille, et vous arrive à la figure avec tout le charisme dont elle manque en journée. Le bund est magnifiquement illuminé, et offre un jeu de miroirs presque spectaculaire ; d’un côté l’architecture coloniale éclairée d’un jaune or, de l’autre, la folie des couleurs dans la grandeur vitrée des gratte-ciel, des architectures-défis. Paris face à Shanghai ! En tout cas, il y a un monde effarant. Du jamais vu. Qu’est-ce qui explique qu’un million de personnes s’entassent au même endroit ? Rien. Sauf l’envie de balader sur les quais de Shanghai… Ce qui est impossible. Jouer des coudes, oui. Je vous assure, je t’assure papier, c’est de la folie, du jamais vu, la surpopulation dans toute son évidence. Et c’est magique. Le bund la nuit, les bateaux éclairés, la rue piétonne à bouchon de Nanjing, c’est un vrai spectacle. Pour ce qui est quartier Français, rien de remarquable. Juste un côté très aisé de Shanghai. Des boutiques. Et nous serons encore sur les photos de nombreux étudiants… Sans compter les fraudeurs du permis de photographier. Le musée de Shanghai est non seulement gratuit, climatisé, et possède aussi une collection d’une rare richesse. Calligraphie, peinture, masque, costumes, outils, accessoires, poterie, sculptures, porcelaine, tampon, jade, monnaie. Tout est superbe. Celui-ci donne l’image d’une Chine incroyablement diverse et unifiée dans sa créativité, incroyablement riche, et simplement (comme ces feuilles de bambou), belle. Comme d’habitude, l’écriture du paysage me touche surtout. On a envie de découvrir la Chine. Ce que cela signifie.