Chutes du Niagara

Niagara

2 septembre. Niagara Falls.

 

Nous avons fini par arriver à Niagara Falls à 8h30 ce matin. Plutôt en forme, et réchauffés : la motivation nous gagne toujours quand on va à la rencontre d’un nouveau lieu. Nous avons longé la rivière, à la sortie du bus, et avons mis une demie heure avant d’arriver aux chutes, progressivement… La première impression est mitigée. C’est à la fois une très belle formation naturelle, et … juste des chutes d’eau. La seconde impression, la réelle approche, l’instant où il vous pleut dessus, que le nuage se forme directement au dessus de vous, que vous pénétrez la brume de ces eaux formidablement puissantes, c’est un chavirement. C’est magnifique, il faut aller au plus près, loin des constructions humaines qui les minimisent (ne serait-ce que le pont qui signifie la séparation géographique entre les états-unis et le Canada). Ecrire ne sert de nouveau à rien : il faut y aller. Beaucoup disent que cela ne vaut plus la peine, que tout est défiguré. Effectivement, la ville de 60000 habitants de Niagara Falls, son centre, surtout, ne ressemble plus à grand chose. C’est un croisement entre Las Vegas et Dysneyland, c’est tout ce qu’il y a de plus atrocement américain – et, en même temps, c’est drôle. Il faut prendre cette ville “à la légère”, et surtout, ne pas oublier que les chutes font dos à ces constructions, que la rivière du Niagara se poursuit bien au delà des chutes, que la nature est partout présente, pour peu qu’on prenne la peine de quitter le centre-ville. D’ailleurs, les chutes sont certainement plus sensibles qu’on pourrait le croire. Il y a 12000 ans, elles se trouvaient à 4 km de leur situation actuelle. Chaque année, elles reculent de 30 cm (et avant l’installation du barrage, de 1 mètre!) Une telle puissance d’érosion, est-ce forcément un hasard? On peut espérer que les chutes reculent jusqu’à éloigner de la ville qui leur sert de rempart contre la beauté naturelle… Cela pourrait aussi bien aller, à observer cette ville, dans le sens d’une dépression : une chute, sans la remontée impressionnante des brumes, des nuages, d’une évaporation instantanée, éternel épanchement.
Ce matin, nous sommes donc arrivés tôt, et Patrick, le patron de l’auberge, était disponible et disposé à bavarder. Il ressemble un peu à Charles Hingals, ou pourrait être un potentiel mari à Dr Quin femme médecin. Grands yeux bleus, longue chevelure grisonnante et ondulée, chemise en jean. Cet homme est fou amoureux de la région qu’il a choisi d’habiter (il vient “des montagnes”, nous a-t-il dit, vers Vancouver – je suppose qu’il parle des Rocheuses). Frénésie du Niagara : ce pourrait être le nom de son auberge. C’est sur ces conseils que nous avons visité les alentours de Niagara Falls. de bons conseils. Nous avons loué un vélo et suivi la route des vins jusqu’à Niagara-on-the-Lake, d’où l’on peut voir Toronto. Les vignobles de l’Ontario sont surtout connus pour leur vin blanc, “the ice wine”. Ces vignobles sont très différents de ceux que l’on trouve en France. Les vignes sont peu étendues, très vertes, entourées d’un gazon parfaitement millimétré, tondu, arrosé, et font généralement partie d’une domaine extrêmement soigné, pour ne pas dire “précieux”. Elles appartiennent à de belles demeures, des maisons à paliers multiples, fleuries.