Dejeuner à Florianópolis, restaurant de la plage

Tika y Tiko

9 mars, Florianópolis.

 

Mal de tête suite à la consommation d’un alcool fort tiré de la canne à sucre nommé « cachaça » ; mal de ventre après avoir englouti une part de forêt-noire et de gâteau aux trois mousses délicieusement concoctés par La Bohemia.

 

Le poisson du restaurant sur la plage était bon, bien que la Milanaise ne soit pas ce que je préfère. Nous avons partagé avec Cindy et Yesid un plat pour deux, assez copieux pour nous nourrir tous les quatre : frijoles (haricots noirs), soupe/sauce de camarones (crevettes), restes de poisson et sauce tomate, papas fritas (Cindy s’entraîne sur le « french fries »), riz blanc, poisson a la Milanaise et au citron. Le lieu est peuplé de bouts de papier laissés là par des milliers de personnes, à l’origine un moyen de communiquer entre eux pour les gens de passage dans ce restaurant, devenu une coutume touristique et locale. Les morceaux de papiers scotchés recouvrent murs et plafonds. Les os de baleines décorent fenêtres intérieures et escaliers. Bien sur, nous y mettons notre petit post’ it, un petit dessin de nous deux dans les vagues énormes de l’océan. Pendant que deux jeunes brésiliennes en string, bien bronzées, demandent à un homme de les prendre en photo dans la barque d’un pêcheur, on repêche le corps de l’un d’entre eux, parti en mer hier, et depuis porté disparu. Ils le retrouvent échoué à quelques mètres du restaurant alors que nous mangeons — et que les deux minettes finissent leur séance photo. La pluie commence à tomber, nous reprenons le bus pour le centre de Florianópolis, repassant devant les plages « del sur de la isla », plages sauvages ou nous nous sommes baignés (à nos risques et périls…), les collines vertes, luxuriantes, qu’escaladent des maisons de toutes les couleurs — souvent, des favelas —, la plage « matadores », ou l’eau est rouge, car le sable a été marqué par le sang des baleines qui ont été attirées, poussées a se reproduire, puis tuées ici. Sur le chemin du retour, la pluie se fait de plus en plus forte. Les rues se transforment aussitôt en rivières. « Un mini ouragan », nous dit Yesid. Cindy est partie faire vérifier son appareil dentaire. Le vent s’engouffre dans les portes du bus, la pluie trempe la plupart des passagers — les gens crient et rient : pour sûr, nous ne sommes pas en France.

 

Florianópolis est belle, et le Brésil, là où les endroits sont sûrs, me donne envie d’immigrer. Plages, couleurs, fruits, les choses abondent dans ce pays, comme les sourires — et les poitrines opulentes.

 

Nous avons raté le carnaval, mais Cindy nous a montré les restes — permanents. Une rue, « sambodromo » où se déroule le Carnaval « officiel », où défilent les écoles de samba. Une rue au bord de la mer où sont installées des estrades. Là, aussi, où une camionnette a renversé un chien ce matin — sans, bien sûr, penser à s’arrêter.