Porto la naturelle

19 octobre 2013

« Porto ». Le vin est plus connu encore que la ville, dont les reflets n’ont rien de pourpre, mais dont le goût est certainement aussi riche. Je suis séduite par cette ville de pêcheurs, qui n’a rien de conventionnel, qui se laisse arpenter, apprivoiser, sans que le poids ni du tourisme, ni d’une culture uniforme, ne pèse sur les toits. Il pleut depuis quatre jours, l’atmosphère est humide, moite. Nombreuses sont les maisons qui tombent en ruine. Dès que l’on s’éloigne du centre pour gagner les périphéries, les villas montrent un visage fortuné. Les voitures, ici, au Portugal comme à Porto, sont luxueuses. Je ne suis pas sûre d’avoir déjà vu les mêmes modèles en France, sauf à Saint-Tropez. Étrange terre de contrastes, encore une fois, entre la pauvreté annoncée de portugais et ces couvertures (?) luxueuses. Le Douro profond, opaque, tranquille, du centre historique, se transforme en courants violents de l’Atlantique à la périphérie. L’océan s’écrase contre la grande digue, dans des explosions spectaculaires. Le soleil absent, la lumière est malgré tout éblouissante. Des manoirs décharnés, abandonnés, fixent le large. Nous mangeons une daurade dans une cafétéria quelconque, où l’on est très bien servis. Excellent. Le long des plages, à côté des marchés de poisson, où l’on trouve aussi des cages de poulets et de lapin, les grilles sont sorties : on y cuit les sardines avant de les servir à l’intérieur des restaurants. A Porto, il y a trois spécialités : les poissons grillés au feu de bois, les francesinhas, et les tripes a la mode de Porto. Nous passons la plupart du temps à travailler dans la maison où nous logeons : il y a quatre étages, mais nous sommes les seuls habitants. On y va et viens librement, du salon, au rez-de-chaussée, à notre chambre, au deuxième étage. Fernando, ancien pharmacien, nous rend visite de temps en temps. Il remet de la confiture maison, des petites portions de beurre.. puis redisparaît. Notre traversée de Porto imprime différents souvenirs : les voitures qui roulent trop vite, les très beaux parcs, les manoirs couverts de plantes grimpantes, les ruelles construites sur des rochers recouverts de mousse, les pavés luisants sous la pluie, les bibliothèques accueillantes, les églises et pavillons tapis de céramiques, le tram, la brume, les cascades de maisons aux toits orange, et cette impression de parcourir un monde dépeuplé ? Il y’a toujours une tête pour dépasser d’un volet, d’une grille de magasin, dépendre le linge qui pend aux fenêtres, mais surtout une sensation d’absence… Porto est belle, sans pour autant être maquillée.

  1. fernando
    21 octobre 2013 à 14 h 34 min

    Chers amis,
    11 or 29?
    Je vous remercie pour vos aimables paroles. J’ai vraiment apprécié le … ancien pharmacien.
    Dommage qui vous n’avais pas vu le Port ensoleillé …mais, jéspère qui vous l´obtient finalement pour votre prochaine visite.
    Merci

    Fernando
    guesthouse.107rosario@gmail.com