L’inde de l’interieur…

… de la chambre. Car, jusqu’au aujourd’hui, c’est dans notre chambre que nous avons passé le plus clair de notre temps. Après le bref article de notre arrivée à Delhi, nous avons attrapé on ne sait où (malgré notre prudence) une bactérie (selon l’oursonne doctoresse) qui nous a fait subir les symptômes d’une dysenterie (celle qui n’est pas grave). Mais rassurez vous, l’Inde est assez puissante pour frapper à votre porte, à vos narines, à vos oreilles. A 6h du matin, alors que nous nous remettons de nos nuits de sommeil ratées, quelqu’un frappe à notre porte, encore et encore, comme un tambour, finit par ouvrir notre fenêtre et nos rideaux (les fenêtres sont à barreaux ce qui ne permet pas à l’intruse de rentrer, mais à son regard oui – et d’y trouver Eve et Adam). Adam en serviette ouvre la porte : la femme de ménage, sans donner d’explication, tourne les talons… nous ne comprendrons jamais le sens de cette visite matinale. Nous ne comprendrons pas non plus pourquoi, en voulant récupérer notre carte de Delhi oubliée la veille à la réception, on essaye de nous la vendre pour 15 roupies. Nous pouvons facilement reconnaitre notre carte par le traitement que nous lui avons infligé entre l’aéroport et la ville (pliage, roulage… sans oublier la mention FREE figurant dessus). Mais Eve, habillée ne se dégonfle pas : “Yes it’s my map, thank you”, elle prend la carte et s’en va. Cela ne nous aura seulement couté la soupe à la grimace de cet arnaqueur indien. A ce stade, nous avons encore l’énergie pour lutter. Nous utilisons nos deux premières journées à delhi pour parcourir ses rues délabrées. Nous allons aux portes de la mosquée, aux portes du fort rouge, en voyons assez pour nous rendre compte que la vie ici est incroyablement riche en images mais aussi tellement désordonnée, si polluée, que notre sens de l’orientation en prend un coup. Delhi est une sorte de ville tentaculaire, tentacules au bout desquelles il y a toujours à admirer de beaux bâtiments, mais la marche s’avère épuisante, car d’un point à un autre, c’est inexplicablement le désert. C’est surement le genre de ville à faire en rickshaw (les tuk tuk indiens). Ce qui est sur, c’est que la marche nous immerge, nous expose à Delhi. C’est un ville qui grouille de monde, et principalement d’hommes. Cette présence masculine est presque étouffante, surtout pour une femme sur qui les regards sont insistants. La chaleur écrasante nous pousse à rentrer rapidement à l’hôtel où la maladie nous clouera bientôt. Dehors la flaque nauséabonde (provenant vraisemblablement des eaux usées) grandit chaque jour, se transformant petit à petit en lac. Son odeur ignore aussi les parois de notre mur. Le 23 au soir, c’est Ambre qui commence la valse de la cuvette. Nous comptons sur le fait que ça va un peu mieux le lendemain pour prendre les billets de train pour Agra (ville où se trouve le Taj Mahal). Et le soir c’est Loïc qui entre la danse. Malheureusement, ce n’est pas une simple turista (ou delhi beli, comme c’est appelé ici) et après une deuxième journée à 100mètres du Taj Mahal, nous ne l’avons toujours pas approché (heureusement, nous en avons un belle vue depuis le toit de l’hôtel). Il semble que nous commencions à nous remettre puisque les courbatures et vertiges ont cessés, et que le thermomètre est retombé à la normale. Nous avons même pu manger notre premier semblant de repas aujourd’hui, après avoir erré comme des fantômes anorexiques dans nos chambres de Delhi et d’Agra. Nous comptons sur les pouvoirs du taj mahal pour nous remettre parfaitement sur pied.

De ce que nous en avons vu, l’Inde c’est : les coupures d’électricité incessantes, l’eau qui pue, le fourmillement, des couleurs, des hommes, des bidonvilles et des merveilles architecturales, un pays vaste à découvrir… à condition d’aller bien.

PS : Des clandestins vietnamiens avaient réussi à passer la frontière dans nos cheveux… La solution antipoux périmée (seulement deux ans) du “pharmacien” (celui qui vient du coca, des cigarettes, et de balais) semble les avoir fait fuir. L’aventure, c’est l’aventure.

  1. didouanouchka
    26 mai 2010 à 17 h 32 min

    :mrgreen: La dysenterie n’a pas altéré ton humour Loïc…et moi qui voulait t’inviter à cueillir les grosses cerises noires et juteuses qui colorent le cerisier…qui tentent les pies, qui tentent les chats, qui tentent…Enfin… cette maladie passagère, partagée par Adam et Eve trouve des échos inattendus dans ta géniale description de votre vie stimulante en Inde! :mrgreen: Je garde donc le sourire et cesse de m’inquiéter et continue à rire avec Didou avant de transmettre…! :mrgreen:

  2. Flo
    27 mai 2010 à 2 h 16 min

    Ah bah c’est bon, jusque là on a visité la même Inde. ^^

    Et malgré le style à la troisième personne (“Ambre” par-ci, “Loïc” par là, jamais de “je”) et une signature “Loïc”, on t’as encore reconnu, Ambre ! ;-p

    1. 28 mai 2010 à 13 h 38 min

      en fait nous l avons ecrit a deux, donc…

  3. The Family Martinez
    27 mai 2010 à 10 h 20 min

    Bon courage à tous les deux… 😉

    Et de très gros Bisous

  4. huguin jean-françois
    28 mai 2010 à 7 h 01 min

    2 conseils
    Premier symptôme: l’eau de riz (ou le bouchon)
    Deuxième symptôme: Marie-Rose (ou la tonte)
    Bon voyage les oursons à bientôt JF

  5. Flo
    29 mai 2010 à 9 h 17 min

    Mince, dans ce cas, ai-je à moitié tord ou à moitié raison ? C’est bizarre, je trouve que “à moitié raison” sonne mieux…

    1. 29 mai 2010 à 17 h 33 min

      Non tu as 100% tort puisque ton affirmation est fausse;). Mais j’ai remarqué que tu avais tendance à essayer de me discréditer hum.
      Par contre, nos estomacs sont à moitié réparés, et ça c’est plutôt bien.