La légende du Taj Mahal ताज महल

L’histoire raconte que l’empereur moghol Shah Jahan aurait fait construire ce gigantesque mausolée de marbre blanc par amour pour sa défunte (seconde) épouse Arjuman Banu Begam, morte en couche.
La légende raconte que l’empereur prévoyait aussi la construction, en symétrie parfaite avec ce mausolée blanc, de son jumeau noir, destiné à recevoir son corps, de l’autre côté de la rive.

Ce duel du noir et du blanc que nous ne pouvons, a priori, ne faire qu’imaginer, en passant de l’histoire à la légende, peut être expérimenté à la visite de ce monument. C’est ce que nous avons fait, car vous êtes les premiers à le savoir, avec nous le positif ne va jamais sans son pôle négatif. Le blanc rayonnant de pureté du Taj Mahal ne va pas sans sa dose de noirceur et de pollutions.

Pour éviter d’avoir à réecrire les lignes rhyzomatiques qui grouillent dans mon carnet salis par mes poignets humides pleins de poussière, je fais vite et n’entre pas dans les détails savoureux d’un séjour à Agra.

Le blanc:

Observer le Taj du toit de son petit hotel, à la lumière paisible de matin, isolé du bruit. Derrière les toits de tôles, les murs de briques en ruine, les baraques se superposant du quartier du Taj Ganj (celui crée par les ouvriers du Taj à l’époque de sa construction), le mausolée, avec une étrange monotonie, impose sa douceur, sa pureté, l’éclat d’une éternité (peut-être l’émanation du nom de la défunte Mumtaz Mahal, en persan, « la lumière du palais »).
Observer le Taj au coucher du soleil, si blanc lui aussi, et qui ne rougit même pas. La lumière est plus intense, les profondeurs du Taj se creusent.
Les singes aux fesses rougies qui se reposent les membres sur la balustrade donnant sur le fleuve, les étendues vertes et brumeuses, à l’arrière du Taj.

Le Noir:

750 roupies pour un étranger, quand un indien (et ceux qui ont le temps de visiter le Taj ne sont pas les plus démunis…) en paye 20.
1 seule entrée (même si vous leur dite que vous avez la diarrhée et que vous aurez besoin de retourner à l’hotel)

Du temps perdu entre la première fouille: pas le droit d’avoir l’ordi sur moi, ni le mini trépieds de l’appareil photo “allez aux lockers 300 mètres plus loin”, et plus loin, des lockers à 20 roupies, et la deuxième fouille: “qu’est ce que c’est que ça?!” “-Un carnet de dessin.” “et ça??” “- une trousse avec des crayons” “c’est interdit Mademoiselle, pas le droit de dessiner le Taj Mahal…” Mes affaires confisquées!!!
L’intérieur du Taj si sombre, si étroit, une tombe où les indiens jouent à émettre des cris… parce que ça résonne bien.
Les odeurs d’égout
L’extérieur du Taj où il n’est pas possible de se promener sans se faire montrer du doigt, éveiller la curiosité parfois mesquine des groupes d’adolescents. (J’accepte quand même de me faire prendre en photo avec tous mes admirateurs -admirateurs du “canon occidental”:ça, ca reste gentil).

Ni noir ni blanc:

Discuter avec ces étranges indiens dont on ne sait pas si ils sont fous ou sincères, qui vous laissent si facilement leur adresse, et veulent boire dans votre bouteille d’eau. Au début, vous êtes contents de parler avec eux. Après, ils deviennent collants et vous commencez à vous poser des questions quand ils vous regardent avec leurs yeux tout ronds “my friend my friend you are my friend…”

Cet indien là, celui de Indore qui avait soif, était avec ses parents (et d’autres gars bizarres qui semblaient appartenir à la mafia des lunettes Gucci, épiant nos échanges pour ensuite s’excuser de la présence importune du plus jeune), visiblement très religieux, qui n’aiment pas le Taj Mahal. Lui non plus, nous dit-il. Pour eux, le noir du Taj Mahal, c’est la foule, un lieu religieux qui grouille de photographes amateurs.
Il ne fallait pas venir au coucher du soleil dans ce cas, mais au petit matin, dans la lumière un peu neutre, diffuse, quand le Taj, serein, est au comble de sa blancheur.

Pourtant, c’est le matin que nous avons vu noir, après un accueil loin d’être poétique. Le soir, on nous a laissé entrer malgré un billet déjà utilisé, on ne m’a pas confisqué mes carnets, et malgré la foule présente à cette heure là de la journée, j’ai plus apprécié la grandeur de la tombe de l’amour. Le marbre m’évoque néanmoins une froideur qui pourrait être celle d’un homme ambitieux: l’amour est un beau prétexte pour construire un monument aussi “tape à l’oeil”… Et l’intérieur d’une tombe aussi banale, qui n’accueille quasiment aucune lumière. Le soleil ne flatte chaque jour que la façade impeccable du mausolée. Mais je suis mauvaise langue…

Entrer par la porte Est (celle que nous avons utilisé le soir) ou la porte Ouest (celle que nous avons emprunté le matin) peut s’avérer un choix décisif.
Quoi qu’il en soit, croyez à ce qu’on vous dit sur le Taj Mahal, parce que ce n’est pas une légende: ça peut être énervant, en tout cas c’est très beau.

  1. didouanouchka
    30 mai 2010 à 9 h 05 min

    Toujours aussi intéressant ce blog…Du blanc, du noir…Quelle harmonie avec Inès et Jean-Baptiste qui sont en train de jouer aux “dames”. Et…si nous faisions une partie d’échec ? Mamouchka et Magalipette… 😆

  2. didouanouchka
    3 juin 2010 à 17 h 45 min

    🙄 Sans nouvelles nouvelles, nous relisons les anciennes avec autant de plaisir … Mamouchka et Papouchka 😆

  3. huguin jean-françois
    8 juin 2010 à 16 h 51 min

    je suis impatient d’avoir des nouvelles fraiches j’espere que la santé va mieux “TAJ PAS TROP MAHAL AU VENTRE” je n’ai pas résisté à la faire !!!! bisous les oursons jf

  4. didouanouchka
    11 juin 2010 à 19 h 44 min

    😉 12 JUIN 2010, minuit et quelques secondes…Heureux anniversaire à “notre” AMBRE ;-)! Mille baisers de Mamouchka et Papouchka 😉

  5. didouanouchka
    11 juin 2010 à 19 h 46 min

    😆 Bien sûr “minuit et quelques secondes”…C’est à Rajkot!