La frontière indo-népalaise aux chandelles

La frontière entre l’Inde et le Népal, à Sunauli, est l’une des plus charmante que nous ayons croisée sur notre chemin.
Vers 4 heures du matin, nous avons débarqués, après 22 heures de bus, d’arrêts en tous genres et de gémissements multiples dus a la coriacité de la banquette et de la conduite, dans ce petit village (peut-être une ville) , dans une station de bus éclairée à la lueur de la lune montante, au milieu d’un champ. Un petit chemin (attention aux tuks tuks qui se sont levés de bonne heure pour vous arnaquer: “c’est dans l’autre sens! c’est dans l’autre sens”: heureusement que nous ne les avons pas écouté et suivi notre instinct qui, je l’avoue sans pudeur, n’a fait qu’améliorer notre sens de l’orientation et des logiques citadines depuis que nous voyageons) conduit à la rue principale, en passant entre des maisons où, à quatre heures, les hommes pissent contre les murs (apparemment, les besoins se réveillent à la même heure chez les hommes).
Au bout du petit sentier, la rue, et en face, le poste indien de sortie du territoire. Nous avions aperçu un blanc dans un autre bus avant de descendre à la station (“Wouaaaa! Ambre! Regarde, vite! Un blanc!”): nous l’avons retrouvé au stand des tamponnages, qui venait de réveiller les deux fonctionnaires. Les deux hommes étaient en train de ranger leur moustiquaire, installée sur la longue table, lit la nuit, bureau de l’immigration le jour… Le blanc s’est avéré être un lituanien fortement barbu et fort sympathique au nom difficile à retenir: Aigars (ça, c’est Loïc qui vient de me le dire). Il m’a rassurée: lui non plus n’a pas aimé l’Inde: “too dirty”, dans la façon de penser des gens comme dans l’apparence des villes et le saccage des paysages. Les tamponneurs, mal réveillés, ont quand même été agréables -juste un peu lents. L’électricité ayant été coupée, nous avons du écrire à la lumière de la bougie, et l’homme, plutôt grand, lunettes précisément posées sur le nez, couvrant en partie son visage brun ridé, ample jupe blanche jaunie, a du tamponner et signer au signal de la flamme déstabilisée par le vent.
En passant du côté népalais, le gardien a voulu nous prendre en photo (oui j’avoue que nous avons douté: va-t-il partir avec l’appareil? nous demander 10 roupies?), et nous avons accepté (de prendre le risque): merci Monsieur le militaire, vous faisiez parti des gentils! Car de l’autre côté, les méchants nous attendaient…
En attendant, nous étions bien passés au Népal, sans que personne ne nous retiennent, car nous n’avions pas nos visas, vu que nous avions raté le poste d’immigration népalaise. Après avoir profité quelques secondes de ce sentiment d’illégalité et d’aventure, un homme nous a dirigé vers le poste, sans doute le plus mignon que j’ai vu: une maisonnette rose derrière un petit portail blanc, un jardinet avec des bancs, des toilettes qui puent et un puits.
Nous avons rempli les papiers sous la treille, en compagnie des moustiques. Pour un visa de 15 jours, 25 dollars (nous avons bien fait de rester bloqués en Inde à cause du train), contre 40 dollars pour un visa de 30 jours. Juste une photo à donner, et deux papiers à remplir.
A 6h, un bus partait pour Katmandu. C’est là que nos premiers méchants népalais ont tenté l’arnaque. J’ai joué la fille qui arrive à la frontière sans argent et qui ne peut pas manger si on lui prend tout: je ne vous dirais pas que ça marche, mais à force de les saouler les prix baissent quand même considérablement. En sortant, ils nous ont dit: vous devez attendre une demi heure, vous voulez dejeuner?” “ben non je viens de vous dire qu’a cause de vous nous n’avions plus d’argent pour manger” Loïc m’a remercié: de toute façon après 22 heures dans les transports il n’avait pas faim… 🙂
Le bus pour Katmandou était évidemment pourri, mais les népalais sont, à premier abord, gentils (sauf épisode précédent), et en tout cas, mille fois plus doux que les indiens. Sur la route, les paysages sont très beaux, la nature très verte. Nous arrivons en période de mousson. Ce matin la pluie a encore fait son apparition alors que nous goutions à notre premier repas népalais (après les momos tibétains, en-cas de hier soir), le “trekker breakfast”. Nous n’irons pas marcher, mais nous avons les vitamines pour! Chères mangues, vous me manquerez tellement…

  1. didouanouchka
    22 juin 2010 à 19 h 36 min

    Toujours en verve 😛 les grandsours 😀 !

  2. rodriguééé...ze
    23 juin 2010 à 7 h 45 min

    Bravo les ours, comme disais “sitting bull”, je sors de ma réserve un instant pour vous remercier…..
    Le voyage immobile continue pour nous,…. envoutant et addictif…

    Everybody’s runnin’ and no one makes a move
    Everyone’s a winner and nothing left to lose
    There’s a little yellow idol to the north of Katmandu
    Everybody’s flying and no one leaves the ground
    Everybody’s crying and no one makes a sound
    There’s a place for us in the movies you just gotta lay around

    John Lennon – Nobody Told Me

  3. rodriguééé...ze
    23 juin 2010 à 8 h 10 min

    pour être tout à fait honnête, c’est “momo”, l’épicier 24/24 de la rue Roger Brun à Marseille qui m’ a inspiré quand il sort de sa réserve, mais bon, ça le faisait moins qu’avec sitting bull…
    Gros câlins : les oursons……
    🙄

  4. Lanckhor
    27 juin 2010 à 13 h 56 min

    Petite question hors sujet mais a laquelle je pense actuellement. Vous devez vous rendre prochainement en Chine (oui ce n’est pas pour tout de suite). Or pour obtenir un visa, il faut justifier d’un revenu ou d’une scolarité et a moins que je ne me trompes ce n’est pas votre cas. Est ce exact?
    C’est un peu compliqué et des choses ont changées en début de mois…
    En aviez vous connaissance?

  5. 27 juin 2010 à 16 h 22 min

    si si en fait c’est pour bientôt… nous accélérons le temps et prenons un avion pour HK le 3 juillet. Nous savons qu’il n’est pas facile d’obtenir le visa chinois, mais nous avons des amis qui sont passés par le consulat de HK il y a quelques semaines, et qui l’ont obtenu sans trop de problèmes. Ils nous ont fait passer la liste des papiers. Cela dit il est normalement impossible pour un non résident d’obtenir un visa en dehors de son pays de résidence. Mais chaque consulat est en droit de décider si oui ou non il nous fourni un visa. Nous allons rencontrer le même problème avec la Russie… mais je reste positive, de toute façon il va bien falloir tenter. Merci pour la remarque en tout cas.

  6. Lanckhor
    27 juin 2010 à 17 h 32 min

    Oui je me suis demandé si ces restrictions s’appliquaient aussi au départ de HK connu pour délivrer un visa plus facile et moins onéreux. J’ai hâte de savoir ce que vous aurais fait durant cette douzaine de jours au Népal et je pense que vous commencez déjà a penser au retour. Je vous souhaite une bonne réussite.

  7. 28 juin 2010 à 1 h 17 min

    Coucou les ours,
    Aucun chien qui ressemblait au votre est venu nous voir…..sinon on l’aurait envoyé au Népal direct !!
    Le petit tour se termine quand pour vous ? Il vous reste une petite trotte. Nous ca y est plus que 2 jours. La tristesse est un peu là.
    Continuez bien
    besos

  8. The Family Martinez
    28 juin 2010 à 10 h 12 min

    Toujours d’énormes bisous et à très bientôt 😆

  9. didouanouchka
    29 juin 2010 à 13 h 57 min

    🙁 J’ai l’impression que le compte à rebours est commencé 😮