De Harbin à Saint-Petersbourg en un clin d’oeil

J’avais promis d’écrire quelque chose sur la muraille de Chine et la Cité interdite, mais comme vous avez pu le remarquer, je n’ai pas tenu ma promesse… et en plus nous n’avons même pas été voir les tigres (si vous avez bien suivi). Au lieu de ça, nous avons acheté les deux dernières places pour Vladivostok, vous savez, celles du fond, tout contre le dos du bus, inamovibles… et dire qu’au collège on se bouscule pour s’y assoir…

Pour résumer, la muraille de Chine, c’est plutôt une muraille de chinois. La Cité interdite, elle ne l’est peut-être pas assez. Autrement dit: très beaux sites mais trop de monde. On notera cependant qu’en conjuguant stratégiquement horaires matinaux et choix du parcours, on peut savourer un instant magique dans la brume, seuls au sommet de l’un des lacets de la grande muraille, ou sentir l’atmosphère précieuse d’un passé dynastique.

(Nous interrompons le suspens du lieu où nous écrivons en différé puisque nous n’avons pas internet et publierons plus tard cet article pour donner l’actualité de Moscou en direct d’un café italien: la jeune fille aux longs cheveux noirs vient de quitter les WC quelques minutes après son partenaire…

est-il vraiment utile de vous dire ce qu’ils y ont fait? En tout cas, je regrette de ne pas avoir mangé le cheesecake qu’elle a négligé de manger au profit d’une relation… amoureuse. Cet événement va de pair avec l’homme tétant les seins de sa partenaire/prostituée (?) devant la gare de Leningradsky).

Le 31 juillet, nous avons pris le bus pour Vladivostok, avec un jour d’avance, les bus ne partant pas le dimanche… et ne partant pas non plus le soir (message aux voyageurs: si vous comptez voyager entre Harbin et Vladivostok en bus direct, cela vous coûtera 500 yuans par personne, pour un départ à 7 heures du matin, arrivée à 23 heures (heure locale)).

Le trajet nous a conduit de la Chine à la Russie à travers des paysages déserts, des prairies, et des zones que je décrirais comme « tristes » ou « froides ». Aux arrêts dans les différents villages, les « cakes » déboulants la musique à fond sur un parking désert (sauf un bus…) pour acheter un paquet de cigarette, les passagers (le bus ne comptait que des russes et des chinois) et leurs bidons de bière, le chat de la voisine… la voisine en minijupe… bref, si vous êtes intéressés je décris ça beaucoup mieux dans mon journal… mais ce n’est pas pour tout de suite et pas pour le blog.

La frontière russe est banale, sans embuches, les douanières russes (blondes aux yeux bleus comme il se doit) nous ayant même gratifiés (devrais-je dire:ayant gratifié LOIC) de larges sourires (de toute façon elles avaient déjà trop à faire avec les valises de vêtements de contrefaçon d’une autre passagère).

Nous sommes arrivés à Vladivostok vers 23 heures…En pleine nuit, à des kilomètres de la ville, un arrêt au milieu de nulle part pour le voyageur étranger qui déboule là, sans hôtel, sans plan, et sans même une rouble! Mais voilà, il y avait Slavia, le monsieur de 40 ans, notre voisin de fond de bus et notre futur sauveur russe, le faux sosie d’Edward Norton. Avec quelques mots d’anglais (qu’ils a appris dans les journaux, nous dit-il), nous arrivons à nous comprendre, et il nous propose de nous conduire au centre. Quinze minutes après, son papa vient nous chercher. Slavia prend le volant. Nous avons à peine le temps de nous demander s’il est pilote de rallye que nous sommes déjà devant notre hébergement pour la nuit: la gare de Vladivostok. Elle est petite, superbe, calme, très propre et sécurisée. Nous « dormons » là avec les claudos du coin (qui se tiennent à carreaux et ont des papiers en règle) et les autres « échoués là par hasard ou en attente de… ».

Au lever du jour, nous allons à l’hôtel. Un peu effrayant au début, nous nous habituons finalement à ses airs d’appartement de réfugié. En fait, nous sommes « surclassés »: vue sur la mer, deux chambres de deux lits, un frigo, w.c et salle de bain. La tapisserie peut bien tomber, le lino peut bien se décoller, la moustiquaire peut bien se décrocher et les toilettes rendre claustrophobe, nous avons beaucoup de sommeil à rattraper, peu nous importe si nous avons une vue imprenable sur la mer, de quoi mettre bières et glaces au frais, et des draps hyper moelleux. Sans oublier que nous sommes autorisés à faire le check-in à 8 heures de matin (alors que l’hôtel était plein la veille).

Visiter Vladivostok est un vrai plaisir. La ville est petite et offre des attractions étonnantes. Par exemple, observer la vie des marins. Ils boivent, tombent par terre, se mettent à genoux devant leurs fiancées, titubent à l’acte suivant… Un spectacle à ne pas manquer. Il y a aussi les filles, émouvantes dans leurs minijupes, perchées sur leurs talons, si soucieuses de gagner le concours de la plus léoparde. La ville est tranquille, jolie, on y trouve un café à squatter, où la nourriture n’est pas très chère.

Le 3 août à 1h50 du matin, nous prenons le train pour Moscou. Presque 7 jours complets de train, dont nous sortons à peine. Et nous enchaînons ce soir avec un train de nuit pour Saint-Pétersbourg.

Le transsibérien nous entraine dans une façon nouvelle de vivre chaque jour (par exemple, sans se doucher). Mais il n’est pas, tel qu’on pourrait s’y attendre, un train « dépaysant », il est une façon d’aller, tout simplement, de Vladivostok à Moscou. Nous voyageons en troisième classe. Nous changeons en permanence de voisins. Le wagon est banal, des banquettes bleues, du lino au sol, des murs beiges, des wc en inox. Aux arrêts, nous descendons acheter des délices russes (qui le plus souvent ne sont pas délicieux mais à base d’huile et de saucisse). Il ne se passe pas grand chose et pourtant il y a beaucoup à raconter, bien que notre manque de russe nous freine dans nos rencontres. Nous passons le temps en écrivant, mangeant, dormant, lisant, se fabriquant des mots croisés et discutant (le retour? Dans une semaine…). Les paysages sont quasiment identiques du début à la fin: des bouleaux, des forêts de sapins, des baraques de bois foncés aux jardins extrêmement soignés, de temps en temps, une ville terne et déprimante, un peu sale. Les gares sont souvent très jolies. Le lac Baïkal, quant à lui, est un véritable bijou au milieu du désert sibérien.

Nous arrivons à Moscou à l’heure exacte: 11h03. Here we are!

Si vous voulez plus de croustillant, il faudra venir fouiller dans nos carnets…

Ambre& Loïc

PS : 9h, nous sommes à St petersbourg sous la pluie et superbe!

  1. Flo
    10 août 2010 à 7 h 14 min

    Pas trop de fumée quand vous étiez à Moscou ?
    Allez, dans une semaine c’est le soleil du sud de la France qui vous attend !

  2. 10 août 2010 à 7 h 25 min

    On a vu les feux en dehors de la ville, on a vu la fumée en arrivant à la gare, on a vu les masques sur la plupart des gens… et c’est ton com’ qui nous fait nous poser des question… google et hop! tout prend un sens. Ce que nous avons pris pour un brouillard, et quelque chose d’anodin à Moscou ne l’était pas du tout…
    Pour te répondre donc : ça ne nous a pas perturbé plus que ça.
    On s’est juste dis que Moscou avait une ambiance un peu apocalyptique…mais que c’était surement normal…
    Tu crois que c’est la fumée qui fait que les putes se font téter devant la gare? 😀

  3. huguin
    10 août 2010 à 17 h 18 min

    Nouvelle recette de cuisine ” LE CUISSOT D’OURSON FUME A LA RUSSE ” Bisous à TRES bientôt JF

  4. didouanouchka
    11 août 2010 à 0 h 28 min

    😉 Encore un bien beau texte les nounours…Plein de saveur, de douceur, de couleur…Tout cela va nous manquer très bientôt… 😥

  5. Flo
    11 août 2010 à 1 h 51 min

    Ça dépend. Si un champs de pavots a brûlé à côté de Moscou, ça peut expliquer des comportements… anodins.

  6. 11 août 2010 à 7 h 55 min

    @JF: On va quand même essayé de pas se faire fumé par les Russes. Surtout qu’avec leurs histoires de “registration” ils nous rendent fous
    @belle-maman: nous manquer? mais les ours ne s’arrêtent pas là. Avez vous remarqué les pattes d’ours blanches à la suite…
    @Flo: Déconne pas avec ça flo, tu sais que dans les villages qui longent le transsibérien, ou plutôt que le transsibérien longe, on trouve de la weeds qui pousse comme de la mauvaise herbe… En ce qui concerne les comportements anodins, est ce que tu crois que les piqures qui recouvrent les bras et jambes de ces gens auraient un rapport ?…

  7. Slava
    19 août 2010 à 6 h 28 min

    Hello dear friends!
    My name is SLAVA LAZURENKO
    We rode the bus Harbin – Vladivostok
    Thank you I did not think that you write about me, it’s nothing to bring to the station.

    Guys I’m only 29 years old (you make me look old). 🙂
    I have double d’Edward Norton, many people told me. 🙂
    Sitting in Harbin in the bus was not very happy since Russian people (thought to be crazy trip) 🙁
    People were sea man they spent at sea for 6 months (all sea man are the same regardless of nationality, believe me I have 7 years in the marine business work).
    6 months of a very long time at sea. People are not adequately behave like picking up their land.
    A terrible odor of beer and cigarettes in the bus, it was a hangover from sea man.
    We sat on the wrong bus (although for your impression, and for me)

    Things about which you write for us ordinary Russian, for example ❓ ❓ ❓
    Customs,
    bus stop (do not understand the translation, and then cake and music),
    girls in mini-skirts (girls are very beautiful and a lot of mini-skirt is the most important)
    delicacies (cheese and sausage)
    big country (many forests, villages, long road) what you expected?

    Your Blog honest and correct, we are from different countries that you seem interesting to us ordinary things.

    Much I have not translated, French-Russian.
    Very interesting your trip, your photos are beautiful.
    I read your Blog and I really wanted to go on a journey …. follow in your footsteps
    Thank you
    Best Regards
    SLAVA LAZURENKO

    1. 19 août 2010 à 22 h 09 min

      Dear Slava,
      We are so happy to have news from you. You’ve made us start our journey in Russia on the right foot! Then we quickly saw Russia. We particularly loved Moscow, really different of everything we know.
      About your age, nevermind, Amber is not so good in giving ages, and it’s because you look too much to edward norton.
      Anyway, we thank you again. It was a such a pleasure to meet you.
      Now we are in France, celebrating my brother’s wedding.

      See you next time,

      Loic & Ambre

  8. Slava
    19 août 2010 à 22 h 36 min

    Hi Loic & Ambre
    Congratulations to your brother, and his beautiful wife!
    Dosvidanie
    All the best