Voila de quoi on parle pendant un trek au Perou…

11/12/09 – 3eme jour de trek dans la cordillere blanche- extrait.

Aujourd hui la marche a ete plutot facile, meme si nous avons choisi, pour commencer, de prendre le chemin qui montait vers les cimes, dans l espoir de voir d un peu plus pres l Alpamayo. Rien que du brouillard, et nous sommes redescendus dans la vallee, au bout de laquelle nous etablissons notre campement. La pluie va et vient, et le spectacle, comme toujours, reste magnifique. Eau turquoise et cascade puissante, roche noire hostile, dont les pics trempent dans la brume, herbe verte et presences animales : mouches bleues, colibris rouges, cheval marron, vaches noires. Nous avons croise un groupe de trekkeurs aux yeux bleus, et des locaux, deux femmes parties rejoindre “el paso” avec deux anes et deux chiens venus nous mendier quelques bouts de pains. Celine et vincent ont decide de poursuivre la route pour essayer de rentrer plus tot a Huaraz. Nous voulons profiter encore de la tranquilite du lieu – bien que les chutes et le torrent fassent un vacarme assourdissant, a leur si belle maniere…
Hier soir, Carlos nous a cuisine une specialite peruvienne (mickeal, du haut de son roche, me siffle : il vient d apercevoir un tres grand rapace, peut etre un condor, que je vois a mon tour passer tres vite), “el lomo saltado” (le steack saute). C est gouteux. Il nous dit que les chiliens revendiquent la creation de ce plat, que c est faux, et que d ailleurs, au perou, on aime pas les chiliens (qui s approprient le perou). Qu il y a beaucoup de racisme donc (mais pas envers les espagnols, on s en fiche, dit il), et egalement envers les israeliens, qui se voient refuser l acces a certaines agences. Il nous dit que les gens les trouvent envahissants, qu ils cherchent toujours a obtenir les prix les moins chers, et refusent de manger comme les autres. Autant dire que nous ne nous attendions pas a entendre ca au perou! Il nous dit qu en ete les montagnes peruviennes sont envahies par les espagnols, et que le reste de l annee, il y a surtout beaucoup d europeens, tres peu d americains (ils sont tous a Cuzco). Il nous parle du perou, ou depuis dix ans les couples se forment sans avoir besoin de se marier. De tout ce qui change, et notamment de la religion.
De l environnement, de la difficulte a prendre conscience de son importance pour les péruvien, en cessant de poluer. Il nous dit que les glaciers ne cessent de reculer, et qu il y a dix ans, nous aurions marche dans la neige. Il voit, de ses yeux de montagnard, les changements. Il y aussi des choses qui disparaissent, naturellement. Le condor par exemple. Le rapace le plus grand du monde, autour duquel les fetes ne s organisent plus dans la cordillere, depuis qu elle est devenue un parc national. A Andahuaylas, un petit villagfe du sud du perou, la Fiesta del sangre (septembre), on continue de capturer des condors. Cela prend entre huit et dix jours, et necessite un terrain extremement plat, car le condor y a beaucoup de mal a prendre son envol, a cause de ses (trop) larges ailes. On y met un animal mort (sans sang), on attends que le condor se presente, on le capture en l encerclant et en jettant sur lui un filet. On le ramene au vi8llage afin qu il se batte avec un taureau. Le condor donne des coups de cornes, et le condor des coups de bec. Finalement, apres avoir distrait le public, les deux sont relaches.
Carlos mene aussi des conversations “coquines”, il rit en nous parlant d une plante qui produit des sortes de feves nommee “Chocho”… qui designe aussi, en espagnol d espagne, le sexe de la femme…
Le president s exprime a la radio et Carlos nous demande s il existe une loi, en France, contre l homosexualite policiere… il y a quelques semaines, au Perou, un homme a ete expluse de la police apres qu on ait decouvert ses penchants… Nous lui disons qu il n existe pas de loi, mais que c est effectivement plutot mal vu. L homosexualite semble le faire rire, mais il est aussi tres ouvert, et dit que chacun fait ce qu il veut. Sur cela aussi, nous dit-il, les esprits evoluent! Nous voyons passer des hommes, des locaux, avec leurs “burros”. Je lui demande ou ils vont, dans cette montagne ou il n y a rien (que de la montagne). il reponds qu ils vont ramasser les patates. Loic s etonne que la culture de patate soit autorisee dans un parc national… et en effet, confirme Carlos, c est interdit…
Voila de quoi on parle pendant un trek au Perou…

Desolee Florian…:la suite (ou plutot le debut) dans 8 mois!

  1. didouanouchka
    16 décembre 2009 à 5 h 24 min

    Vous voila presque… au Paradis!

  2. coutaud
    16 décembre 2009 à 7 h 13 min

    coucou les amoureux!! ici il est 7:10 du matin et je déjeunes en lisant votre dernier article… que du bonheur!! lol en tout cas ça donne envie, toute cette nature rugissante qui reprend ses droits voir même qui les imposent sans contre partie jusque dans votre esprit… ennivrant sans doute! vivement les vacances… lol gros bisoous à mes 2 trekers préférés et prenez bien soin l’un de l’autre! bye!

  3. Flo
    16 décembre 2009 à 8 h 49 min

    Hein, pourquoi dans 8 mois ? C’est dans 8 mois que vous passez me voir à Tokyo ? ^^

  4. huguin
    16 décembre 2009 à 15 h 09 min

    dans 8 mois………..dans huit mois?????
    Mais c’est bien sur, c’est la saint Donald !!!
    Gros bisous à nos routards préférés Mac-JF