Un petit avant-goût (de vomi) de la RUSSIE/представление о Россия

J-57 du départ, et déjà le mal de mer!

C’est à se demander si la Russie veut des touristes! Pour ma part j’en viens à penser que les entreprises russes se font plus d’argent sur les démarches tortueuses, compliquées, inhumaines (oui, on peut le dire) que sur l’accueil des touristes (plus c’est difficile plus on dépense avec acharnement auprès des agences… Ne me dites pas qu’ils ne savent pas que l’on paye des agences-russes- pour fabriquer de fausses invitations en quantité industrielle!)

Mais revenons un peu en arrière…

J-58. 17 juin 2009. 10h48. Paris. Ambassade de Russie.

Il faut chaud, je suis en petit débardeur bleu, je pédale tranquillement, à la recherche de l’ambassade de Russie, pour laquelle j’ai traversé, non sans plaisir, Paris en chaleur.
Je débouche sur une avenue où j’aperçois de loin une longue, brillante et suante queue d’humains. Pas de doute. C’est ici.
Je me gare, je croise le policier qui fait sa ronde-carrée avec gilet pare-balle et qui me dévisage avec autant de lubricité que de mépris et d’humanité étrange. Je rejoins le rang.
Trois quarts d’heure plus tard, je peux enfin accéder aux grilles imprégnées d’empreintes, de bave de métro et de rosée épidermique. Je laisse aux autres le plaisir d’y poser leurs propres empreintes.
Apparition d’un men in black. Une tête de russe, joufflue, boursouflé, l’œil clair, les cheveux blonds. Disons plutôt: une tête de russe de films (vu que les russes, c’est bien connu, ce sont toujours les méchants).
On ne peut pas le nier: Hollywood nous dit la vérité sur les russes! (et c’est justement parce que je n’y crois pas que j’insiste pour y aller). Ou alors -ah c’est donc cela!-, Hollywood ne prend toujours exemple que sur les autorités russes -à moins que ce ne soit les autorités russes qui cherchent à se reconnaître dans la production américaine… Mystère et file d’attente…

Car voilà, on y arrive au bout de la file, tout près des grilles de l’ambassade tout de béton armé vêtue, on y arrive comme des groupies aux grilles d’un concert! On y arrive, mais personne n’est là pour vous faire entrer! A la place, des gens, des sortes d’extraterrestres, sortent de partout, et entrent sans problème, d’autres men in black, pour qui vous êtes des mouches, et qui, à l’image du garde principal, ne laissent échapper ni bonjour ni pardon ni aurevoir.

A la place, de la fumée de cigarette, crachée de l’autre côté des barreaux, sur vous. A la place, un regard plus froid que bleu, et le claquement de la grille au nez (au péril réel de votre visage!) quand dix personnes sont entrées. Dix, pas plus pas moins. Et 12H arrive. 12H pile, pas plus pas moins, et la grille pousse son dernier grincement.

Le gardien de la liberté s’éloigne, et vous laisse en prison, là, dans Paris, de l’autre coté des barreaux.

18 juin 2009. Paris. 154 avenue d’italie.

Je passe la journée assise à mon propre standard, appelant la Chine, la Russie, la France, tentant désespérément de joindre n’importe laquelle de ces ambassades pour avoir des renseignements sur l’obtention du visa.

Conclusion: plus de quinze appels (sans compter les appels dans le vide), et aucun résultat. Aucun n’est apte à me répondre, me donne un autre numéro, me dit de rappeler un autre jour, etc. Les chinois (de Hong-Kong, c’est important de préciser) sont les seuls avec qui j’arrive à communiquer, en anglais. Les russes, quant à eux, ne parlent pas autre chose que russe (du moins c’est ce qu’ils font croire, me semble-t-il) Au moins, dans les films, ils sont flanqués d’un vilain accent (un accent de russe, quoi), mais ils parlent français (ou anglais)!

Comment croire encore que les russes sont accueillants?

Je garde la foi, mais je suis navrée d’avoir à dire ceci, comme une vieille conne : c’est inadmissible.

Et on admet.

  1. William
    18 septembre 2009 à 23 h 00 min

    Ben oui. Les Russes ‘y s’en battent pas mal, des touristes.
    Et c’est plutôt une qualité rare, ces derniers temps…

    Curieux, comme idée, de se pointer à l’ambassade de Russie pour demander des renseignements… Pour mes quatre voyages là-bas, j’ai tout appris sur le net. Un visa d’un mois coûte 100 € en tout. Sans avoir à se déplacer.
    Si vous voulez un exemple d’accueil atterrant, essayez donc le consulat de France à Moscou…

    Et puis mieux vaudrait songer à faire faire le visa à Paris. Il est absolument impossible de l’obtenir ailleurs lorsque l’on est ressortissant français.