Cartes postales d’Aussie

Il y a un mois, nous quittions l’Australie : voici quelques instantanés réunis.

Pourquoi l’Australie attire-t-elle tant ? J’ai lu quelque part que c’était un des pays connaissant la plus forte croissance touristique (La Nouvelle-Zélande étant le number one – ce que l’on comprend quand on voit que les avions de la Terre du Milieu eux-mêmes sont camouflés avec des tatouages de dragons). On m’avait déjà beaucoup parlé de l’Australie. Les Européens, en quête du territoire différent aux grands espaces et paradis de la détente culturelle (au diable les bonnes manières héritées de siècles d’écritures) ; les américains, fascinés par un territoire qui pourtant… leur ressemble ? J’y suis allée en pensant que l’Australie ne m’aurait pas avec ses panneaux promettant des kangourous, ses plages infinies de sable blanc, ses couleurs ocres et sa politique de la tongue. Mais c’est trop tard, deux mois à peine et j’ai un petit bout d’Australie collé là où bat le cœur de ma mémoire.

Etant un pays qui attire, l’Australie est aussi un pays sur lequel on s’interroge beaucoup – ou plutôt, sur lequel on nous a interrogés :

Dis, toi qui vient d’y aller, que penses-tu de…

La « situation aborigène » ?

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Alice Springs, un jour de semaine, vers 18 heures. Nous marchons en direction de l’Ouest, le soleil se couche en se rangeant, éblouissant, entre deux allées d’immeubles. Face à nous, quelques ombres se découpent, tanguent, raclent pieds ou semelles sur le goudron. C’est l’heure où les aborigènes migrent du centre ville vers les parcs, ou des lieux plus retirés. D’autres viennent se greffer à notre gauche, puis notre droite, se levant lentement mais pesamment, pour suivre la direction du soleil. Nous avons la sensation de suivre la procession des morts-vivants. C’est Walking Dead, version Aussie. Corps noirs abîmés, parfois lacérés, ou aux yeux simplement rougis, par le soleil, par l’alcool, se déplaçant au coucher du soleil. La situation des aborigènes, vue d’ici, n’est pas très bonne. Il y a bien des galeries d’art tous les trois mètres qui exposent le travail de leur imagination, des musées qui racontent leur histoire et leurs coutumes, mais rien qui ne rappelle notre vision. Dans les villes, les aborigènes sont malheureusement devenus un peuple différent. Un français d’une cinquantaine d’années que nous rencontrons lors d’un de nos trajets en train, et qui voyage à travers le monde dans les lieux « hostiles » des villes, les lieux laissés de côté, juste « comme ça », ni pour le journalisme ni par volonté de savoir, juste parce qu’il va où il peut dormir sans payer et peut-être un peu aussi par curiosité, nous dit qu’il a rencontré des aborigènes. Il a sur lui un vieux Nokia, sur lequel il nous montre des photos. Le visage d’une femme aborigène qui occupe toute la surface du petit écran rayé est couvert de sang. Il vient de sa tempe, qui a été frappée par un homme, nous dit-il. La suivante montre une femme qui défèque dans un parc. La suivante encore une sorte d’auberge à deux faces : une façade grise avec des barreaux où les aborigènes viennent consommer de l’alcool de 9h à 12h (ensuite, les lieux ferment) ; une façade jaune et violette qui prend le relais pour les voyageurs comme nous. Pauvres, alcooliques, violents. Voilà le peuple aborigène des villes aujourd’hui. Trois mots qui pourraient aussi être utilisés pour parler d’une minorité australienne.

Dans le train, nous regardons un film australien de 1971, Wake in Fright, qui nous donne non seulement un aperçu d’une réalité passée, celle des villages traversés par les voix ferrées du temps où ils étaient encore autre chose que des lieux fantômes, mais me permet surtout de mieux comprendre pourquoi l’Australie peut provoquer des sentiments ambigus. Wake in Fright raconte l’histoire d’un jeune professeur d’école, d’une minuscule école, baraque au milieu du désert australien, dans le petit village (hameau) de Tiboonda, qui part en vacances. Le professeur (au passage terriblement sexy, surtout avec ses lunettes noires au cadre or) se rend dans une ville minière où il doit passer une nuit avant de prendre un vol pour Sydney, où l’attend (ou pas ?) sa magnifique blonde surfeuse – la scène où il est dans le train et ouvre son portefeuille pour regarder une photo d’elle à côté de sa planche et vêtue d’un une-pièce découpé pour suggérer l’irrésistible (juste un peu trop serré pour donner une ligne de coupe au sein droit lorsqu’elle se penche sur lui dans les souvenirs qui lui reviennent avec l’écume de l’océan), cette scène me fait penser que les temps sont à la fois différents et identiques : mon œil d’abord perçoit un iphone dans sa main, alors que c’est évidemment un portefeuille. Mais quelle différence ? Les strates et poches du portefeuille deviennent juste électroniques avec nos technologies. L’attitude demeure la même. On entre dans le train, on plonge dans son fauteuil avec l’envie de se recroqueviller dans sa tête et ses possessions tout en prenant plaisir à voguer avec d’autres personnes, chacun dans sa stratosphère (comme disait le Che). Cela m’amène à dire que, iphone ou petit carré photographique en papier, les temps évoluent mais ne changent pas, et que l’Australie que je m’apprête à découvrir dans ce film est celle que l’on ressent à y voyager, sans pour autant concrètement la croiser : violente, peu éduquée, alcoolique et parfois touchante : en un mot, isolée. Mais je digresse clairement. 

La situation kangourine ?

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Le professeur perd tout son argent le soir où il se trouve dans la ville minière. Il entre alors dans la bande des travailleurs et des red necks à l’australienne, qui l’entraînent dans leurs beuveries, et la chasse aux kangourous la plus traumatisante, pour moi spectateur, de tous les temps. J’attends impatiemment que le film se termine pour voir marquer « aucun mal n’a été fait aux animaux, les scènes filmées sont fictives », mais je sens bien, au vu de leur réalisme, que c’est le contraire que je vais voir écrit. Mon espoir est définitivement coupé lorsque je lis : « Les scènes de chasse sont entièrement réelles et ont été filmées lors d’une chasse aux kangourous par des chasseurs professionnels possédant une licence. En accord avec l’association pour les animaux anglaise et australienne et parce que les kangourous sont menacés, il a été décidé de ne pas couper ces scènes ».

Ces scènes sont d’une violence incroyable. L’humain n’est plus même la bête, il est au-delà – en deçà – de l’animalité, dans, au contraire, ce qui lui est propre : l’inhumain. Le massacre.

Le professeur ne retrouve jamais sa belle à Sydney, mes biens ses écoliers, à la rentrée, dans le désert. Ce n’est pas un film moraliste, mais on peut y imaginer plusieurs fonds : le héros est une sorte de Sisyphe ; le héros finit par choisir l’éducation à la bière (et la chasse aux kangourous). A partir de là, il y a déjà de quoi penser. Il n’y a pas besoin de regarder son écran, en Australie. Les fenêtres du train sont autant d’écrans projetant l’isolement. L’ouverture sur l’Asie, sur la beauté et l’intensité des aubes et des crépuscules, l’ouverture sur l’Angleterre souvent perçue comme le centre du monde et de l’activité, l’ouverture sur les cultures du Pacifique, la proximité avec cette terre avec qui elle échange tant et qui lui est pourtant si différente : la Nouvelle Zélande. L’ouverture et l’enfermement. Etrange, étrange Australie. Terre unique. Terre fade. Terre d’identités. Je la vois puérile et indécise, marquée pourtant de rides. Je la perçois secouée d’identités perdues, à reconstruire, ou à trouver. Bercée par des courants et cultures contraires, venant des Etats-Unis, de l’Angleterre et de l’Océanie. Son côté unique, elle le doit beaucoup à ses mammifères. Cela vaut le coup d’aller en Australie juste pour se retrouver face à une famille de kangourous ou un bébé koala pendu à une branche : ils vous laisseront suspendus, de votre côté, à vos émotions.

Et le surf ? 

DSC02421.JPGNous passons deux semaines à et autour de Perth classées « idylliques ». Haylee, une amie artiste que nous avions rencontrée cinq ans plus tôt en Equateur, et qui peint aujourd’hui des surfboards à Perth, nous fait découvrir la région sud-ouest de l’Australie. Mr and Ms F., ainsi que leur chat, Mister O., et leur chienne, Miss R., prennent le relais et nous permettent de passer une semaine culinaire et sportive à Augusta. Nous surfons avec les dauphins. Cette région est fabuleuse, et, bizarrement, en plus de sentir la menthe poivrée (Gum trees – il suffit de casser une feuille en deux) et l’eucalyptus, nous rappelle la Provence : elle offre toute sorte de vins et de cépages, de fromages, d’huiles d’olive. Une Provence australienne, que l’on pourrait résumer avec l’image d’un produit : huile d’olive imbibée au fruit de la passion. Les australiens sont plutôt inventifs. Ils réinventent les produits que l’on veut traditionnels chez nous. Ils mixent, en un mot, l’Asie et l’Océanie (i.e. l’anglosaxonisme). Je lis une phrase, à l’hostel où nous restons à Perth, qui me fait sourire : « Heaven Is Where: French are the chefs,
 Italians are the lovers,
 British are the police,
 Germans are the mechanics,
 and Swiss make everything run on time. Hell is Where: British are the chefs, Swiss are the lovers, French are the mechanics, Italians make everything run on time, and Germans are the police ». En tout cas, et incontestablement, les Australiens sont les surfeurs. Si à Perth, le surf est encore une activité isolée à cette saison, sur la Gold Coast, nous découvrons des dimanche comme nous n’en avions jamais vu : dès 6 heures du matin, une procession de surfer de tous les âges et tailles encombre la ballade qui mène à l’océan. Les meilleurs projettent leurs ombres dans les vagues – non, ne me demandez pas comment.

Et l’Australie en train ? 

DSC01915.JPGLe Ghan quitte silencieusement la gare de Darwin. C’est notre énième trajet en train. J’ai lu hier, dans Luxury travel magazine, qu’il avait été nommé pour la seconde année meilleur train au monde par les voyageurs. Je me suis demandée ce qui faisait du trajet à bord du Ghan une expérience si renommée. Les paysages ? L’accueil à bord ? Le service, la nourriture ? Le confort ? Sans doute une combinaison de toutes ces choses, et celle d’un trajet ponctué de visite – car le train, comme une autoroute, ne traverse que les paysages les plus plats, introduction au grandiose qu’il faut aller chercher derrière la montagne, au fond du désert, au bout d’une route. Notre expérience du Ghan me semble complète dans un autre sens que celle de la visite. Nous nous contentons de vivre à son rythme. Pas d’extras : nous ne gouterons ni au plaisir d’avoir une cabine, ni aux petits plats du chef australien, ni aux canyons, gorges, rivières que les tours proposent, à certains arrêts et entre deux horaires, d’explorer.

Nous quittons Alice Springs le 3 août dans la soirée. Notre place à bord est déjà occupée par une jeune femme qui couvre soudain son visage avec une serviette : elle éclate en sanglot, puis se lève. « Sorry, long day », nous dit l’homme qui s’occupe du groupe de touristes. Il a des locks, un pantalon à l’indienne et des manières, comme dirait grand-maman bourgeoise, détestable. Mais il n’est pas antipathique. Juste grossier. Le siège de Loïc est couvert d’un liquide sombre. « Oh, c’est rien », nous dit-il en frottant le siège avec ses doigts. « Regardez, ça ne colle pas », nous dit-il en ouvrant la paume de sa main vers nous. Après avoir traversé l’Australie d’Est en Ouest à bord de l’Indian Pacific, le trajet à bord du Ghan est, si ce n’est un choc, un changement. Plus tranquille, plus équilibré, l’Indian Pacific compte une population touristique aussi bien que locale. Des australiens allergiques à l’avion, ou habitués du train, des aborigènes en déplacement. Puis les habituels touristes venus de tous les continents. A bord du Ghan, la vie est différente. Elle est presque exclusivement touristique. Ce soir-là, nous tombons sur un groupe tout excité, et surtout sur cette jeune femme visiblement dérangée qui se massacre les ongles à coups de dents et fait grincer ses yeux avec un maquillage bleu outrancier et des regards fous. Etrange femme, oui (ou dépressive, simplement). Elle décide de retourner ses fauteuils (maudits fauteuils) face à nous, parce qu’elle est « trop loin et exclue de ses copains », et passe la nuit à essayer de s’approprier le guide en posant sa tête sur son épaule (qu’il replace gentiment à chaque tentative), puis la matinée à regarder les photos de son (nouvellement ex ?) boyfriend sur son Iphone, en prenant bien soin de sélectionner celles où il est le plus beau et où elle peut effectuer un zoom sur son visage. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de ne pas vouloir rencontrer quelqu’un. Oui, pour une fois, notre intimité ferroviaire nous aurait suffit, la petite bulle que l’on construit, ou fil d’araignée que l’on tisse, entre deux fauteuils. La cacophonie dure un petit moment, puis se calme. Plus de bruits (bucaux) de pets à supporter, de blague sur les chaussettes qui puent et de conversations sur facebook. Lorsque nous arrivons (deux jours plus tard), à Darwin, le soleil se couche, et le groupe s’est fait plus discret. Fatigués sans doute par leur arrêt à Katherine, ou ils partent en expédition organisée, et reviennent, notamment, avec un cheval en peluche (une tête de cheval en peluche décapitée plantée dans un balais) qui fait huhuhu quand on le secoue. Sur la route, les termitières géantes ressemblent à des cathédrales de glaise ou de sable. Ocre, rouge, prélevant les couleurs de la terre pour dresser des monuments d’ingéniosité animale.

La foule descendue du train s’éparpille après que chacun a récupéré ses bagages. Chacun part rejoindre un monde – attendu par un taxi, le shuttle d’un hôtel, un parent ou ami d’un ami qui vit en Australie. Nous, on est les « résistants ». Ceux qu’il reste et dont on se demande : mais que font-ils là ? Le soleil se couche et l’on observe la vie du train. C’est incroyable l’attention que demande le Ghan. De 17h30 à 22 heures, le personnel s’affaire pour régler les affaires techniques, vider, laver les wagons, recharger les réservoir en eau, essence… préparer la bête humaine pour les trois nouvelles journées sur les rails du lendemain. Assistant au manège des voiturettes qui gèrent les vas-et-viens d’un wagon à l’autre, de la queue à la tête du train, longeant les 600 mètres qui séparent l’une de l’autre, en laissant à la nuit le temps de se lever en séparant le pourpre du bleu, j’ai la sensation de prendre le pouls du train ; je ne regrette même pas que nous n’ayons ni les moyens ni le temps de rejoindre le centre ville de Darwin. Je suis heureuse de partager des instants d’intimité avec ce serpent géant, vidé de ses passagers, qui aimante les travailleurs à son corps d’acier à la tombée du jour et jusqu’à tard dans la nuit. On nous repère. Une femme vient de trouver, me demandant ce que nous attendons. Le train, demain. Elle me fixe, étonnée. « Mais ?… Attendez-moi là, je reviens vous trouver ». Deux heures plus tard, elle nous rejoint dans la salle d’attente. Je la pensais sévère, prête à nous mettre dehors, mais elle cherchait une solution. « Ce n’est pas quelque chose que nous faisons normalement, pour des raisons de sécurité ; je ne sais pas ce qui vous a fait pensé que vous pouviez dormir ici, mais nous allons vous laisser rester à l’intérieur ; je vais devoir éteindre la climatisation et la lumière, et il y a le garde de sécurité qui arrivera vers 22h. Touts les autres portes seront fermées. » Nous pensions dormir dehors ; finalement, nous pouvons nous installer dans une salle confortable, avant d’être réveillés vers 5 heures par l’un des managers : « fermez les yeux, je vais allumer la lumière ». Il met en place petits gâteau, thé, café, chocolat chaud. C’est le paradis. Je réalise qu’il nous en faut peu pour classer un séjour dans cette catégorie, mais c’est un petit paradis pour voyageurs. Je peux même prendre ma douche. Vers 7 heures, les premiers passagers du train arrivent, ceux qui doivent faire monter leurs véhicules à bord. Vers 9 heures, quasiment tout le monde est là, et les poubelles ne sont plus à la portée des manières humaines. On laisse ses déchets sur la table, on laisse ses verres trainer, on renverse son café « et puis tant pis ». Ce n’est pas comme si il y avait même une poubelle de table pour recevoir les sachets de thé utilisés. Ah ! La noblesse…

Et les Australiens ?

DSC02557.JPGParaît-il qu’ils sont hypersympas. Nous tombons sous leur charme sur la Gold Coast, où nous restons dans une famille jeune et ultra accueillante, et à Brisbane, où l’on apprécie l’authenticité du porche d’un couple amusant – authenticité qui comprend bières à volonté dès 15h. Il y a bien aussi des actes héroïques pour le voyageur, comme le chauffeur de bus qui revient nous chercher ayant pris pitié du fait que nous marchions jusqu’à l’aéroport, mais pour le reste, on est assez horrifiés de leur conduite sur la route, qui pourrait être résumée en un tout petit détail légiféré : la priorité est toujours à la voiture, non au piéton. Oui, les Australiens sont relax ; mais plutôt parce qu’ils rotent à table que parce qu’ils sont tous prêts à vous filer un coup de main ou vous aider à trouver votre train. La règle appliquée est la même qu’en France : cela s’appelle la sympathie relative.

Et « la vie » ?

DSC01753.JPGJe nous revois à Busselton, chez une mère de famille moderne, au jogging stylé, la cinquantaine, le studio d’art ouvert sur un jardin entretenu par un travailleur, et un des nombreux salons protégé du vent de la baie par des fenêtres expansivement ouvertes sur l’infini – le sable, la mer, et rien, rien, pas un voisin, pas un bateau pour obstruer la vue. Rien que du sable et de l’eau, devant. Et derrière, l’espace immense d’une maison dernier cri décorée de fabuleux coquillages apportés par les marées et les tempêtes. Je nous revois dans cet univers épuré nourri par un compte en banque douillet (médecine – n’est ce pas ce que vous disait vos parents ?), et je pense que la qualité de vie australienne peut être incroyablement bonne, parce qu’il y a de l’espace, de la place, de quoi créer. Encore faut-il vouloir travailler à la fabrique d’argent, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à la fabrique de temps (celui qui permettrait de profiter de sa maison). A la place, on peut aussi bien mettre une caravane au bord de la mer…

A Sydney, nous passons une semaine chez un photographe. Il nous fait boire une bouteille de rouge qui a 30 ans, nous emmène courir avec ses chiens à la plage, nous laisse de la soupe dans la casserole au cas où nous ayons un petit creux en rentrant de notre journée dehors. C’est une vie à la fois créative, modérée, citadine. Nous l’apprécions beaucoup. C’est comme si les grandes villes nous ramenaient à un standard rassurant. Consommateur, mais sans extravagance. Un matin, nous rejoignons un ami à lui dans un des quartiers les plus riches de Sydney. Nous descendons les quelques marches qui mènent à une petite plagette, en attendant qu’il prenne son café. Soudain, les haut-parleurs donnent un ordre : « Vous n’êtes pas autorisés à marcher sur cette plage. Veuillez immédiatement regagner le quai ». J’ai l’impression d’être dans Truman Show. L’espace ouvert existe-t-il encore ? Ou la ville entière est-elle un studio ? Est-ce parce qu’il n’y a personne pour les regarder que les australiens qui vivent au cœur de l’immense, au cœur du désert, s’amusent à décapiter des kangourous ? Ok, il y en a bien plus qui jouent au golf avec eux. (On trouve une population de kangourous impressionnante sur les golfs, et ce n’est pas pour rien : ils y sont heureux.)

Et les animaux dangereux ?

DSC01888.JPGJe me méfierai plutôt des voitures. Mais oui, il y a des serpents effrayants, et des panneaux « attention aux requins » plutôt dissuasifs. Sérieusement, où qu’on mette le pieds en Australie, on se pose la question, mais ce qui est bien avec les animaux sauvages, c’est qu’ils le sont. (Sauvages.)

Et la meilleure ville ?

DSC02528.JPGBrisbane : j’ai craqué pour la piscine gratuite en pleine ville et en bord de rivière. C’est carrément une plage aux eaux bleue recréée en ville. Craqué pour ses espaces verts, pour son architecture sympathique, son dynamisme. Elle serait presque parfaite, si elle avait la culture melbournienne.

Je pourrais donc aussi bien répondre : Melbourne : j’ai craqué pour ses librairies, sa culture incroyablement vibrante, pleine de cafés, de bars, de murs tatoués, Melbourne l’artistique et l’indépendante, qui a même une ferme avec des animaux quand vous cherchez un peu, une cascade et des forêts, et une superbe architecture qui semble venir avec des vélos accrochés aux portillons. Presque parfaite, si elle avait la piscine de Brisbane et son climat (sa végétation).

D’autres questions ? 🙂